La chiropratique démystifiée : comprendre avant de consulter

Qui ne s’est jamais fait dire : « Tu devrais aller voir un ramancheur ou quelque chose comme ça! Il me semble que ça te ferait du bien. » Aujourd’hui, il existe plusieurs types de professionnels pour prendre soin de notre santé : médecins, physiothérapeutes, massothérapeutes, chiropraticiens, ergothérapeutes, ostéopathes, etc. Et souvent, il est facile de s’y perdre! Qui est le mieux qualifié pour améliorer ma qualité de vie? Qui devrais-je consulter pour mon problème? Cette confusion est totalement compréhensible et c’est exactement pour cette raison que cet article existe. Notre objectif est de vous permettre d’en apprendre davantage sur la chiropratique : sa pratique au Canada, les moments où il peut être pertinent de consulter, et quelques mythes populaires à démystifier. Ainsi, après votre lecture, vous serez en meilleure position pour répondre à ces questions par vous-même!

Qu’est-ce que la chiropratique, exactement ?

La chiropratique est une profession de la santé qui s’intéresse au diagnostic, au traitement et à la prévention des troubles neuromusculosquelettiques (NMS), ainsi qu’aux effets de ces troubles sur l’état de santé général de la personne. En d’autres mots, elle a pour objectif d’améliorer votre santé globale en s’attardant à la fonction de votre colonne vertébrale, vos articulations, vos muscles et votre système nerveux, en utilisant diverses méthodes de traitement manuel telles que les manipulations et mobilisations des articulations, tant vertébrales que périphériques, ou des techniques de travail musculaire. En quelques mots plus simples: la chiropratique permet de soulager et de contrôler les douleurs liées au fonctionnement aberrant ou à l’irritation d’un nerf, d’un muscle ou d’une articulation. On peut donc en comprendre que le chiropraticien adopte une approche préventive et curative tout en s’adaptant à une clientèle diversifiée de tous âges.

Est-ce que les chiropraticiens sont de “vrais professionnels de la santé” ?

Dans toutes les provinces canadiennes, les chiropraticiens sont encadrés par un ordre professionnel établi par la loi, tout comme les médecins, psychologues ou physiothérapeutes. Les ordres professionnels de chaque province ont pour mandat principal de protéger le public qui consulte leurs membres. C’est rassurant, non? De plus, les chiropraticiens complètent des études de doctorat de premier cycle universitaire. Au Québec, plus de la moitié d’entre eux sont diplômés de l’Université du Québec à Trois-Rivières. C’est un programme unique, qui existe depuis 1993 (un peu d’histoire ça ne fait jamais de mal ;).

Les autres chiropraticiens ont été formés dans des programmes équivalents, mais ont étudié à l’extérieur du Québec. Avant d’obtenir un permis pour exercer la profession, les diplômés doivent réussir les examens nationaux et un examen provincial. Ils peuvent par la suite porter le titre de « Docteur en chiropratique ». Oui! Les chiropraticiens sont légalement considérés comme docteurs et peuvent poser un diagnostic dans leur champ de compétence, soit la santé neuromusculosquelettique.

Pour quels types de maux peut-on être traité en chiropratique ?

Avec la définition donnée plus haut, on peut en déduire qu’il est possible de consulter un chiropraticien pour une douleur au genou, à la hanche, à la cheville, au pied, aux divers muscles ou au dos, en bref, pour toutes les douleurs aux muscles et articulations. Cependant, un chiropraticien traite bien plus que ces maux ! On peut le consulter pour des maux de tête, une tendinite, une bursite, une hernie discale, une entorse, des douleurs chroniques, un syndrome du tunnel carpien ou des douleurs liées au nerf sciatique. Enfin, la liste pourrait être bien plus longue et ennuyeuse. L’important à retenir est que le chiropraticien est un excellent professionnel de première ligne en santé, facilement accessible. Il peut évaluer avec justesse votre problème et si votre condition ne relève pas de sa compétence, il n’hésitera pas à vous référer au bon professionnel de la santé.

Le syndrome du tunnel carpien peut être traité en chiropratique.
Le syndrome du tunnel carpien peut être traité en chiropratique.

Est-ce que la chiropratique, c’est juste pour les jeunes ou les sportifs ?

Non ! Le chiropraticien peut très bien adapter son approche à tous les types de patients, y compris les personnes âgées, avec une approche adaptée et individualisée. Effectivement, il peut grandement aider les personnes de tous âges avec des problèmes communs. Cela inclut les douleurs chroniques, la mobilité réduite, les problèmes d’équilibre ou même des douleurs liées à l’arthrose. En fait, les soins chiropratiques peuvent soulager les douleurs liées aux limitations de mouvement que plusieurs patients éprouvent au quotidien, et qui sont souvent attribuées à l’arthrose. Évidemment, l’arthrose est irréversible et les chiropraticiens ne peuvent qu’atténuer ses effets et non l’éliminer. Toutefois, grâce à des méthodes adaptées et avec de bons conseils sur les habitudes de vie, une amélioration de la qualité de vie est souvent possible, tout en favorisant le maintien de l’autonomie et de la mobilité.

La chiropratique est une bonne option pour l'évaluation et le traitement des douleurs musculaires, articulaires ou nerveuses.
La chiropratique est une bonne option pour l’évaluation et le traitement des douleurs musculaires, articulaires ou nerveuses.

À quoi ressemble une première consultation avec un chiropraticien?

La première consultation en chiropratique est très importante et se déroule en quatre grandes étapes. La première est l’entrevue clinique, assez classique lorsqu’on rencontre un professionnel de la santé. Elle permet au chiropraticien de recueillir toutes les informations nécessaires pour bien connaitre le patient, sa raison de consultation, ainsi que son état de santé actuel et passé.

Ensuite vient l’examen clinique. Le chiropraticien examinera minutieusement votre posture et votre démarche, la fonction de vos nerfs, muscles et articulations, ainsi que la mobilité des vertèbres de votre colonne vertébrale ou des autres articulations. Il peut également prescrire ou effectuer des radiographies pour compléter son analyse. Oui, le chiropraticien est apte à prendre et à interpréter des radiographies. Et plusieurs d’entre eux disposent même d’un appareil de radiologie dans leur clinique. Sur la base de toutes ces informations, le chiropraticien pose son diagnostic chiropratique et vous l’explique. C’est à ce moment qu’il indiquera si les soins chiropratiques pourraient être bénéfiques pour votre condition. Il précisera aussi quelles approches sont privilégiées en fonction de votre condition et de votre état de santé global. Sinon, il vous dirigera vers un autre professionnel de la santé.

Les chiropraticiens sont aptes à prendre et à interpréter des radiographies.
Les chiropraticiens sont aptes à prendre et à interpréter des radiographies.

La dernière étape avant de commencer le traitement est, comme chez tout autre professionnel de la santé, d’obtenir votre consentement éclairé aux soins. Le chiropraticien doit vous expliquer le plan et la procédure de traitement, les résultats escomptés, ainsi que les bénéfices, les risques et les alternatives des soins proposés. Bref, la première consultation est une belle opportunité pour créer un lien de confiance solide. Alors n’hésitez pas à poser toutes vos questions lors de cette visite. Vous pourrez aussi le faire en tout temps au cours du suivi clinique.

Un chiropraticien qui donne des explications à son patient.

J’ai entendu dire que…

Quoi de mieux pour finir cet article que de démystifier réellement quelques stéréotypes autour de la chiropratique.

« Une fois qu’on commence, on doit toujours y aller. »

Faux! Le chiropraticien établit un plan personnalisé en fonction des besoins et des objectifs du patient. Ce plan peut inclure plusieurs visites, mais l’arrêt ou la réduction de la fréquence est toujours une décision partagée entre le patient et le professionnel. Plusieurs patients optent pour la poursuite de rendez-vous pour maintenir leur niveau de bien-être. On parle alors de suivi d’optimisation, mais ceci n’est absolument pas obligatoire.

« Les chiropraticiens ne croient pas à la médecine. »

Faux! La chiropratique est officiellement reconnue et intégrée dans le système de santé, même si aujourd’hui, elle s’exerce surtout dans le secteur privé. Il faut la voir comme une approche complémentaire, souvent en collaboration avec d’autres professionnels de la santé. Il est important de mentionner que les ordres professionnels exigent de leurs membres qu’ils collaborent entre eux et avec les autres professionnels, pour le bénéfice des patients.

« J’ai les os trop fragiles pour voir un chiro »

Pas tout à fait vrai. La chiropratique ne traite pas l’ostéoporose, qui se caractérise par une fragilité osseuse. Mais les chiropraticiens disposent de plusieurs techniques qui peuvent s’adapter en cas de fragilité osseuse. Si cela vous inquiète, n’hésitez pas à en parler avec votre chiropraticien, qui pourra vous expliquer sa méthode d’analyse et de traitement.

Conclusion

La chiropratique, c’est avant tout une approche personnalisée pour mieux bouger, soulager les douleurs et préserver votre bien-être. Peu importe votre âge ou votre condition, le chiropraticien adapte ses soins à vos besoins, avec des méthodes douces et efficaces. La chiropratique, ce n’est pas un même protocole de soins pour tous. C’est plutôt l’occasion de trouver avec votre chiropraticien les approches qui vous conviennent et la meilleure façon de prendre soin de votre corps au quotidien.

Sources :

1- Site de l’Ordre des Chiropraticiens du Québec. Qu’est-ce que la chiropratique?, consulté le 18 aout 2025.

2- Site de l’Association Chiropratique Canadienne. Les six mythes les plus tenaces sur la chiropratique, publié le 15 février 2024, consulté le 18 août 2025.

Benjamin Chaput, étudiant au Doctorat en chiropratique à l’UQTR,

en collaboration avec Dre Danica Brousseau, chiropraticienne M.Sc., D.C.

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