Les oublis avec l’âge : faut-il s’en inquiéter?

En vieillissant, on remarque tous de petits changements, autant dans le corps que dans la tête. Mais dès que la mémoire commence à nous jouer des tours, une question revient souvent : est-ce normal ou est-ce que cela cache quelque chose de plus sérieux? Cet article vise à clarifier ces différences, à rassurer sans banaliser, et à mieux comprendre le rôle souvent sous-estimé de certains facteurs comme l’anxiété, la fatigue, la dépression ou l’isolement.

Le vieillissement normal

Le cerveau vieillit comme le reste du corps. Avec l’âge, il est normal de remarquer certains petits changements dans la mémoire. Par exemple : chercher ses mots, oublier pourquoi on est entré dans une pièce ou avoir besoin de plus de temps pour apprendre quelque chose de nouveau. Ces changements peuvent être déstabilisants, mais ils font généralement partie du vieillissement normal.

La mémoire fonctionne encore bien, mais elle est simplement un peu moins rapide qu’avant. Souvent, avec un indice ou un peu de temps, l’information revient.

Le vieillissement pathologique

Il existe aussi un vieillissement pathologique, c’est-à-dire un vieillissement lié à une maladie, comme celle d’Alzheimer par exemple. Dans ces situations, les difficultés sont plus importantes et surtout plus fréquentes. La personne peut oublier des événements récents, poser les mêmes questions à répétition ou avoir de la difficulté à réaliser des tâches qu’elle effectuait facilement auparavant.

Ces changements finissent par avoir un impact sur la vie de tous les jours. Lorsque l’autonomie commence à être touchée, il est important d’y porter attention.

Les oublis avec l'âge.

Quand les symptômes se ressemblent

Plusieurs facteurs peuvent affecter la mémoire sans qu’il s’agisse d’une maladie.

L’anxiété joue un rôle important. Lorsqu’une personne est stressée ou préoccupée, son attention diminue. Le cerveau enregistre moins bien l’information, ce qui donne l’impression d’oublier davantage. L’anxiété peut aussi rendre plus difficile l’accès aux souvenirs. Ainsi, avec un indice ou un rappel, la personne réussit souvent à se rappeler.

La fatigue, souvent liée à un manque ou à une mauvaise qualité de sommeil, peut aussi nuire à la mémoire et à la concentration. Quand le cerveau est fatigué, il traite et enregistre moins bien l’information.

La dépression peut aussi affecter la concentration, la motivation et la mémoire, au point de donner l’impression d’un trouble cognitif plus important. Elle peut rendre plus difficile l’accès aux informations en mémoire et influencer négativement la perception que la personne a de ses propres capacités. Ainsi, certaines personnes peuvent avoir l’impression d’avoir plus de difficultés de mémoire qu’avant, même si leurs capacités réelles restent relativement stables.

L’isolement social joue aussi un rôle important. Moins on est en contact avec les autres, moins le cerveau est stimulé. Avec le temps, cela peut donner une impression de ralentissement et, dans certains cas, augmenter le risque de troubles cognitifs.

Dans plusieurs de ces situations, les difficultés peuvent s’améliorer lorsque la cause est identifiée et prise en charge.

Quand s’inquiéter des oublis?

Il est normal de s’inquiéter face à des changements cognitifs. Toutefois, il est important de se rappeler que tous les oublis ne sont pas synonymes de maladie.

Il ne faut cependant pas banaliser ces signes, puisque des maladies comme l’Alzheimer existent réellement. Si les oublis deviennent plus fréquents, semblent s’accentuer ou commencent à soulever des inquiétudes pour vous ou vos proches, il peut être utile d’en parler à un professionnel de la santé.

Une évaluation permet surtout d’y voir plus clair : elle aide à se rassurer lorsque tout va bien, ou à offrir du soutien et des solutions adaptées si une difficulté est présente.

Consulter un médecin pour les oublis avec l'âge.

En bref 

Les petits oublis font partie de la vie et du vieillissement, et généralement, ils ne sont pas inquiétants. En revanche, quand quelque chose soulève un doute, en parler peut vraiment faire toute la différence.

Et surtout, la mémoire ne travaille jamais seule : elle est influencée par notre quotidien, notre humeur et notre énergie. Prendre soin de soi, c’est aussi prendre soin de sa mémoire! 

Sandrine Grenier-Nadeau, travailleuse sociale et

Alixia D’Amours, bachelière en psychologie et étudiante en médecine

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