La mémoire est une notion souvent associée aux personnes aînées, notamment parce qu’au fil des années, les souvenirs et les expériences s’accumulent. En vieillissant, on porte avec soi une histoire personnelle de plus en plus riche, faite de moments vécus, de rencontres et de connaissances. Si la mémoire peut devenir une source de préoccupation lorsqu’elle se fragilise, elle peut aussi devenir un puissant vecteur créatif. Par exemple, plusieurs choisissent de mettre leurs souvenirs à profit en racontant leur histoire, que ce soit par l’écriture de leur autobiographie ou par d’autres formes de récit.
Mais les souvenirs ne se trouvent pas seulement en nous. Ils peuvent aussi s’inscrire dans les objets que nous conservons à travers le temps. Les personnes qui quittent leur maison pour emménager en RPA en font l’expérience de façon particulièrement concrète. Elles doivent alors faire un tri parmi les objets accumulés au cours d’une vie. Que choisit-on de garder? Souvent, ce sont les objets auxquels on attribue une valeur particulière. Cette valeur n’est pas nécessairement monétaire. Elle peut être affective ou symbolique : une bague ayant appartenu à sa grand-mère, une pierre rapportée d’un voyage ou encore un billet de spectacle conservé en souvenir d’un moment partagé avec l’être aimé. Ces objets deviennent alors des traces matérielles d’une relation, d’un lieu ou d’un moment qui a compté pour nous.
Au-delà de la mémoire individuelle, les objets ont également la capacité d’agir comme les marqueurs d’une mémoire collective et culturelle. Les habits traditionnels portés par plusieurs peuples lors d’événements importants en sont un bon exemple. Plus largement, on peut aussi penser aux produits issus de savoir-faire artisanaux transmis à travers les générations.
Exposition La lune scintille alors que nous transportons nos souvenirs
Cet automne, la Fondation Grantham présente l’exposition collective La lune scintille alors que nous transportons nos souvenirs. Dans cette exposition, la notion de mémoire, qu’elle soit individuelle ou communautaire, est profondément liée au territoire et à ses transformations. On y découvre le travail des artistes autochtones asinnajaq (Inuk), Mélanie O’Bomsawin (W8banaki), Shirley Moorhouse (Inuk), Taryn Walker (Nlaka’pamux et Syilx), ainsi que de l’artiste canadienne-palestinienne Jude Abu Zaineh. À travers leurs œuvres, les cinq artistes revisitent des souvenirs qui témoignent de leur profond attachement à la nature et à ce qui la compose. Le temps y est présenté de manière cyclique, ponctué par les saisons. Cette idée de transformation se retrouve aussi dans les matériaux utilisés par les artistes. Cire d’abeille, pierres, perles, tissus et objets traditionnels autochtones occupent une place importante dans les œuvres. L’ensemble crée une exposition à la fois douce et poétique, qui invite à la contemplation.
L’exposition est ouverte au public du 12 septembre au 15 novembre. Avec toutes ses couleurs, l’automne est probablement la plus belle saison pour découvrir ou redécouvrir le site enchanteur de la Fondation Grantham. C’est l’occasion idéale de se créer de nouveaux souvenirs!
Pour en savoir plus sur l’exposition ou pour prévoir une visite, rendez-vous sur le site internet de la Fondation Grantham : https://www.fondationgrantham.org/fr/expo-2026-la-lune-scintille
Image 01 : Détail d’une œuvre de Shirley Moornhouse. Crédit photo : Studio dedans dehors.
Image 02 : Visuel officiel de l’exposition. Graphisme : Louise Paradis, Yacine Caiserman et Yasmine Taïbi.
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Claudel Lauzière Vanasse,
Directeur des opérations à la Fondation Grantham pour l’art et l’environnement
et enseignant en arts visuels au Cégep de Drummondville
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