La constipation : savoir la reconnaître et la prévenir

La constipation est une problématique fréquente dans la population générale et un facteur de risque important des différentes problématiques touchant le plancher pelvien, telles l’incontinence urinaire et les descentes d’organes. 

Qu’est-ce que la constipation :

En tant de physiothérapeute en rééducation périnéale, j’entends souvent mes patients me dire « je ne vais pas à la selle à tous les jours, donc je suis constipée ». Cependant, bien que la fréquence de défécation soit effectivement un des critères diagnostiques de la constipation, il en existe plusieurs autres. La définition de la constipation consiste en la présence d’au moins deux de ces symptômes et ce, au moins 12 semaines par année (non consécutives) : 

  • Besoin de pousser pour évacuer les selles > 1 défécation / 4
  • Selles dures > 1 défécation / 4
  • Sensation d’évacuation incomplète > 1 / 4
  • Sensation de blocage anorectal > 1 défécation / 4
  • Technique manuelle pour faciliter l’évacuation > 1 défécation / 4 (exemple : mettre une pression sur le périnée externe pour améliorer la vidange)
  • < 3 défécations par semaine 

Constipation et problématiques pelviennes :

Pourquoi est-ce que la constipation est en lien avec différentes problématiques pelviennes ? Et bien, le fait de devoir pousser pour évacuer les selles occasionne une augmentation de pression dans l’abdomen. Cette augmentation de pression vient créer une pression sur les organes pelviens (vessie, utérus, rectum et prostate) et, par le fait même, sur le plancher pelvien. Des efforts de poussée répétitifs ont donc pour effet l’étirement des tissus de support (comme les ligaments) et du muscle pelvien, menant ainsi à leur affaiblissement. Ainsi, l’étirement des ligaments et la diminution de force du plancher pelvien prédispose à la descente des organes pelviens, notamment la descente de vessie qui est la plus connue.

L’étirement des ligaments et la diminution de force du plancher pelvien prédispose à la descente des organes pelviens, notamment la descente de vessie qui est la plus connue.

Technique optimale pour l’évacuation des selles :

L’évacuation des selles est grandement améliorée par le positionnement utilisé sur la toilette. Ainsi, voici les points clés du positionnement optimal :

  1. Placez un petit banc sous vos pieds afin que vos genoux soient plus hauts que vos hanches.
  2. Tournez vos cuisses vers l’intérieur en collant vos genoux et en éloignant vos pieds l’un de l’autre (pour mimer une position de chasse neige).
  3. Penchez votre tronc légèrement vers l’avant et appuyez vos coudes sur vos genoux ou contre votre ventre. **En cas de descente de rectum connue, le fait d’incliner le tronc légèrement vers l’arrière peut être plus optimal à l’évacuation des selles.

Ce positionnement permet l’ouverture de l’angle anorectal (angle formé entre l’anus et le rectum permettant d’assurer une partie de la continence de selles) ainsi que le relâchement du muscle pelvien : deux aspects essentiels pour une évacuation adéquate.

Finalement, si le positionnement n’est pas suffisant pour vous permettre d’évacuer vos selles sans effort de poussée, voici une technique d’expiration que vous pouvez essayer :

  1. Prenez une grande inspiration par la bouche.
  2. Gardez votre air pendant 5 secondes.
  3. Faites un poing fermé devant votre bouche et collez vos lèvres dessus.
  4. Expirez en soufflant dans votre poing pour créer une résistance. Votre ventre devrait rentrer de façon à activer vos muscles abdominaux profonds (nombril se rapproche de la colonne vertébrale).
  5. Une fois l’expiration terminée, gardez l’abdomen contracté. Reprenez une inspiration maximale et répétez cette technique 5 à 6 fois.

N.B. : il est généralement recommandé d’éviter d’essayer d’évacuer les selles durant plus de 5 à 8 minutes. Le fait de rester sur la toilette pour une période prolongée (et ce associé à des efforts de poussée) augmente notamment les risques d’hémorroïdes et de descente d’organe.

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Ariane Jasmin, physiothérapeute en rééducation périnéale chez Cigonia,

Centre d’expertise en rééducation périnéale et pédiatrie.

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