Avec le vieillissement de la population et les enjeux que traverse notre système de santé au Québec, il est essentiel de pouvoir compter sur les pharmaciens. Ils deviennent des alliés indispensables pour désengorger les cliniques et améliorer l’accès aux soins. Déjà très sollicités et autorisés à réaliser plusieurs actes cliniques, ils verront leur rôle s’élargir encore davantage. En effet, avec l’arrivée du nouveau projet de loi 67, l’autonomie des pharmaciens s’élèvera à un tout autre niveau.
Actuellement, que peut faire un pharmacien, par exemple?
Plusieurs patients ont déjà pu bénéficier des nouveaux services offerts par les pharmaciens depuis quelques années. Voici quelques exemples :
- Prescrire des médicaments pour des conditions mineures comme une infection urinaire, un feu sauvage, du muguet ou des hémorroïdes ;
- Débuter un traitement pour un problème de santé sans diagnostic, comme cesser de fumer, prévenir la diarrhée du voyageur, débuter un traitement pour le zona, etc. ;
- Ajuster les doses de certains de vos médicaments sous certaines conditions ;
- Faire le suivi de certaines maladies chroniques comme l’hypertension, le diabète, le cholestérol, la douleur ou les migraines, par exemple;
- Administrer un vaccin.
Tous ces actes peuvent être réalisés sous certaines conditions. Ils demeurent limités par rapport à l’ensemble des compétences des pharmaciens.
Qu’est-ce que le nouveau Projet de loi 67 va changer ?
Par exemple, le pharmacien pourra :
– Prescrire plus de médicaments pour des problèmes de santé courants et avoir moins de restrictions pour ceux qu’il peut déjà prescrire. Par exemple, il ne sera plus nécessaire d’avoir une ordonnance déjà au dossier dans les cinq dernières années pour pouvoir prescrire un antibiotique pour une infection urinaire. Cela pourrait éviter plusieurs consultations inutiles aux urgences ;
– Initier de nouveaux médicaments et ajuster les doses selon la condition lorsqu’un médecin ou une infirmière praticienne spécialisée a déjà posé un diagnostic et amorcé un traitement ;
– Administrer certains médicaments lui-même, comme une injection de vitamine B12 par voie intramusculaire ;
– Prolonger les ordonnances sans limites, sous certaines conditions. Souvent, les patients n’ont pas de rendez-vous et n’ont pas eu la chance de recevoir un renouvellement pour leurs ordonnances. Les pharmaciens pourront prolonger celles-ci sans les limites actuelles, en s’assurant d’un suivi de la thérapie du patient (prescrire une prise de sang, vérifier si l’hypertension est contrôlée, etc.) ;
– Faire un prélèvement de gorge et prescrire un antibiotique si le test est positif;
Pour un patient, ça veut dire quoi ?
Cela pourrait signifier plusieurs consultations évitées dans les cliniques sans rendez-vous, au Guichet d’accès à la première ligne ou à l’urgence.
Ça peut aussi vouloir dire un suivi encore plus étroit des patients et leur traitement, ce qui pourrait éviter des hospitalisations et augmenter leur qualité de vie. Par exemple, quelqu’un qui prend un médicament pour l’hypertension artérielle et qui ne réussit pas à contrôler sa tension pourrait consulter son pharmacien. Celui-ci peut déjà ajuster sa dose, mais il pourrait aussi ajouter un deuxième, voir un troisième médicament pour abaisser la tension artérielle dans la cible voulue (généralement sous 140/90).
Comme patient, devrai-je continuer de voir mon médecin?
Si vous avez un médecin de famille, il est recommandé d’avoir un suivi avec lui. Certains problèmes de santé nécessitent un diagnostic médical posé par un médecin ou une infirmière praticienne spécialisée (IPS). Par contre, il sera plus facile pour le pharmacien de prendre en charge un patient en ayant plus de marge de manœuvre. Le but est évidemment d’avoir plusieurs professionnels de la santé qui travaillent en équipe pour le bénéfice des patients.
Quelles sont les prochaines étapes du Projet de loi 67?
On estime que ces changements pourraient entrer en vigueur probablement au milieu de l’année 2026. Plusieurs étapes restent encore à franchir (soumission au Conseil des ministres, nouvelle publication dans la Gazette, entrée en vigueur du règlement, etc.). La date exacte d’entrée en vigueur exacte est donc inconnue et se fera progressivement, étant donné les changements importants que tout cela demande pour les pharmaciens.
Bien que plusieurs étapes restent à franchir avant l’application complète de projet de loi 67, ses retombées s’annoncent très positives pour les patients et pour le réseau de la santé. Cette réforme permettra de continuer une bonne collaboration entre professionnels de la santé au Québec et contribuera à améliorer la qualité de vie de nombreux Québécois. Restons à l’affût!
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Danny Gobeil, Pharmacien Uniprix
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